le pensionnat fantôme

Un pensionnat fantôme vous attends au millieu de la foret à l'Ouest du japon ... A vous de refaire l'histoire ...
 
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 Bon retour ...

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Lune sujo
vampire
Lune sujo

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MessageSujet: Bon retour ...   Bon retour ... Icon_minitimeVen 23 Avr - 23:50

Il faisait jour. Il devait être 3 heures de l'après-midi, le soleil était voilé par les nuages et l'air était frais. Il n'y avait rien à faire, le pensionnat était presque sans vie. Lune traversait le hall, sans hâte, sans but précis, juste pour passé le temps. Elle avait abandonné son habit traditionnel dans un recoin du dortoir, et habillé simplement, et inhabituellement, d'une robe rouge foncé avec des motifs en forme de papillon sur la partie inférieur du vêtement. Elle portait des ballerines, visiblement trop grandes pour elle, de couleurs noir et rouge. Elle marchait donc d'un pas nonchalant sur le sol marbré du hall. Mélancolique, elle pensait. Elle pensait à celui qui hantait son cœur comme un fantôme hanterait un château pour l'éternité ; Stanislas ... Lune était las d'attendre son retour. Quand rentrerai-t-il ? Quand pourrait-elle enfin le voir, le prendre dans se bras, l'embrasser... Elle s'approcha d'un des fenêtres poussiéreuses du manoir, dont le verre était loin d'être net ou propre. Les lourd rideaux sombres n'était qu'a moitié clos, et laissait passer un filet de lumière. Cette lumière était chaude et apaisante, elle permettait à Lune de laisser vagabonder son esprit un peu plus. Elle fit volte face. Pour certaines raisons, elle était exténuée ... Depuis l'arrivée de la première lettre de Stanislas, elle ne dormais plus ; bien qu'étant fatiguée, il lui était impossible de fermer l'œil. Elle entrouvrit la bouche, comme si elle allait hurler à plein poumon la solitude qu'elle éprouvait maintenant, plus qu'a n'importe quel moment.Elle essayer vainement de chasser la dernière image qu'elle avait de Stanislas, mais plus elle essayait, plus elle y pensait. Peu être n'allait-il jamais revenir, peu être est-ce que ces lettres n'était qu'une manière de lui adieu. "ADIEU" ... Ces mots résonnèrent plusieurs dizaines de fois dans sa tête... Une larme coula sur sa joue. Puis elle éclata en sanglot, elle s'écroula par terre, les mains crispées sur sa poitrine, déjà endolorie par les puissants battement de cœur. Ses mains broyaient de plus en plus son torse, puis elle montait, lentement, et en tremblant, ses mains jusqu'à son visage. Elle gémissait, silencieusement, souffrant de plus en plus de l'absence de son bien-aimé.

-Stanislas... Stanislas...

"Stanislas", le seul mot qu'elle arrivait à prononcer entre deux reprises de souffle. La grande porte s'ouvrit, submergeant le hall d'une lumière chaleureuse, et réconfortante ....
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Stanislas William

Stanislas William

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MessageSujet: Re: Bon retour ...   Bon retour ... Icon_minitimeVen 4 Juin - 20:22

Retrouvailles

Dans l'univers de leur réalité
Dans le lieu où ils se sont rencontrés

Ils hurlent

Comme le vent de l'été dans ce vieux bois trop sec
Comme les charpentes du manoir dans cette lourde atmosphère

Ils hurlent

A l'amour, à la vie
Ils hurlent la liberté à ceux qui la leur ont enlevée
Ils hurlent comme ils n'ont jamais hurlé
Ils hurlent dans la solitude
Ils hurlent à leurs retrouvailles


***

Elle jeta un regard dans le miroir et fit semblant de s'extasier sur la coupe récente de ses cheveux devenus définitivement blonds. Puis elle s'intéressa à ses yeux rose pétant. "Une véritable Gevanni", songea-t-elle. Bizarrement, cette pensée lui inspirait plus de dégoût qu'autre chose à présent.
On toqua à la porte de bois de la bibliothèque. Elle se retourna, et enjoignit à la personne derrière la porte d'entrer, ce qu'elle fit. Apparut un adolescent aux cheveux blonds et à la peau mate, un grand sourire sur le visage.
- Madame ?
- Hun-hun ? fit-elle d'un faux air snob.
- Faut leur donner un nom.
- Le garçon, Solal Gabriel Irvin Davis-Gevanni. La fille, Wendy Angela Rosa Davis-Gevanni.
- Davis ? Vous êtes sûre madame ?
Comme elle ne répondit pas, le garçon s'éclipsa avec un petit "Au revoir" à peine audible. Elle attendit que les bruits de pas lui signalent le départ de l'Initial. Puis se ravisa.
On n'entendait pas les pas de Lévi Sword.
Soudain prise d'un accès de fatigue, elle s'affala dans un siège non loin du sien. Elle était seule. Enfin seule. C'était le moment. Elle ferma les yeux.
Des images arrivèrent soudain en flash dans sa tête. Comme une série de photographies. Série qui s'arrêtait toujours sur la figure enragée de ce jeune homme brun aux yeux vairons.
Elle releva ses paupières et se leva, avant de s'approcher de la chaîne hi-fi posée sur sa commode. Elle inséra un disque, pris au hasard, dans le lecteur. Un morceau d'Ella Fitzgerald. Un léger sourire se dessina sur son visage.
Elle jeta un bref coup d'œil, presque effrayée, à la baie vitrée qui marquait la fin de la salle. En pensant à ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle ne put réprimer un frisson. Elle voulait fuir, partir ; refaire une autre vie. Mais le destin était scellé, et elle savait ce qu'elle devait faire.
C'était son rôle. Si elle ne servait pas à cela, à quoi servirait-elle ?
Elle considéra ses mains qui ne ressemblaient déjà plus à des mains humaines. Ces doigts secs, gercés, maigres étaient-ils vraiment à elle ? Qu'importait. Qu'importait ce qu'elle était, ce qu'elle deviendrait. Il était enfin temps de faire quelque chose de sa vie.
Sa vie. Ces deux mots faillirent lui arracher un rire.
Elle prit une profonde inspiration. Enleva ses ballerines. S'approcha calmement du fond de la salle, où les murs et les étagères bourrées de livres interdits laissaient la place aux fenêtres dans un espace circulaire. Se recula à quelques mètres des baies vitrées.
Elle se mit à courir. Elle sentait déjà ses doigts se recouvrir de glace, ses yeux perdre leurs capacités, ses sens se faner. Elle mit, par réflexe, son coude devant son visage, et fonça dans la vitre.
Alors que le verre s'enfonçait dans son avant-bras, écorchait ses jambes, pénétrait sa joue, elle eut une dernière pensée pour un crétin de roux et une imbécile de cyborg qu'elle espérait heureux à présent.


Le corps de Stella R. Gevanni traversa la baie vitrée de la bibliothèque impériale et retomba une centaine de mètres plus bas, dans le lac du jardin des invités. L'eau gela automatiquement à son contact. Ashton Albarn, qui accompagnait Angelina R. Swall et Ulysse Caelestis, fut le premier à la trouver, morte. Il fallut une dizaine de personnes pour extraire la Princesse de la glace. Elle fut quelques heures plus tard envoyée dans la Tour des Reines. L'Empereur parla d'un suicide inexplicable aux micros du Journal Télévisé.
Ashton Albarn se suicida quelques semaines plus tard par pendaison.
Lévi Sword rapporta à l'Empereur les noms désirés par la Princesse pour ses enfants, que Xan Gevanni changea aussitôt en Sirius I. Gevanni et Sinistra R. Gevanni.
Les enfants de Stella Gevanni n'étaient âgés que de trois semaines.


***

- C'est une malédiction, lâcha-t-il rageusement en s'installant à la table où officiaient déjà Angelina et Ulysse.
La brune le dévisagea d'un air atterré.
- Qu'est-ce qu'il y a mon petit chou ? minauda-t-elle. T'as enfin admis que t'étais gay ?
- Mais non, cruchouille ! s'énerva-t-il. C'est Koyami.
- Oh-oh, fit Ulysse, un air rieur sur le visage. Elle a enfin compris que t'étais gay ?
- C'est pas drôle ! Vous voulez pas m'écouter ou quoi ?
Le couple leva les yeux au ciel, puis prit le même air ennuyé.
- On t'écoute, fit le blond, que ça n'enchantait pas franchement.
- Koyami est enceinte.
Angelina afficha des yeux ronds, tandis qu'Ulysse, après un moment de stupéfaction, éclatait de rire.
- M-m-mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? bredouilla Angelina. Comment c'est arrivé ? Tu commences à oublier de te protéger, comme Xan ?
- Mais non ! se défendit-il. J'y comprends rien du tout ! Ça n'a juste aucun sens !
- Aucun sens... souffla Ulysse. Tu devais pourtant t'en douter.
- Hein ?! s'exclama la jeune femme.
- Pardon ? fit Yan, estomaqué.
Le blond roula les yeux, et retira ses pieds de la table.
- Ben tu sais bien, les cheveux bicolores.
- Heu... fit son ami, complètement perdu.
- Bordel ! J'ai pas dit à Lorinas de te filer mes visions pour le cochon domestique de ta sœur !
Angelina, d'un regard furibond, intima à son ami de baisser le ton (quelqu'un pouvait toujours les entendre). Il leva à nouveau les yeux au ciel, et poursuivit en chuchotant :
- Au pensionnat... Tu as bien dû avoir une vision avec Edwin, Ange et Alec.
Angelina sembla comprendre, car elle ouvrit grand la bouche dans un "Aaaaaah" silencieux, mais Yan resta bouche bée. Soudain, une floue de briquet qui lâchait lui revint en tête, et il s'écria :
- Ah ouaaaais ! Je vois. Alors je vais crever ?
- J'en sais trop rien, avoua le blond. Je pense pas.
Yan bascula sa tête vers l'arrière et lâcha un long soupir.
- Y a pas de futur pour nous dans ce monde, dit-il à la manière d'une conclusion.
Angelina le regarda avec un sourire.
- T'es vraiment un abruti.


Contrairement à ce qu'il disait et pensait, le Chevalier Yan Tailer avait bien un futur. Il n'allait d'ailleurs jamais accéder à un autre monde, comme il le souhaitait inconsciemment dans sa phrase fataliste maintenant célèbre chez tous les punks du système solaire.
Son fils, Edwin Tailer-Stormwalker, allait en effet avoir les cheveux bicolores et faire partie des Cinq du Futur du 3ème millénaire. Malgré sa faible carrure (qu'il tenait de son père), il fit un parcours admirable dans sa mission de Bouclier des Cinq du Futur.
Stella Gevanni n'était morte que depuis six jours lorsque la scène ci-dessus arriva. On peut remarquer une certaine décontraction chez les protagonistes. Nous savons maintenant pourquoi (se référer à l'article 7 de la section Reines ou Princesse Gevanni, sous-section Dégel).


***

L'épée courte se planta dans son ventre. Du sang gicla de sa bouche. Sa vue se brouilla soudain.
« C'est la fin », songea-t-il. « C'est la fin, et je n'ai rien pu faire. »
Il s'écroula par terre, n'entendant même pas le mot murmuré à son oreille. Il ne voyait déjà plus rien. Son sang s'échappait aussi vite que ses sens et que sa vie.
Il fallait résister. Repousser ses limites. Surpasser la vie, surpasser la mort. Aller jusqu'au bout.
Jusqu'au bout. Aller. Aller. Jusque. Au. Bout.
Il sentit sa force quitter ses phalanges, ses doigts, ses membres, son corps.
Surpasser la mort.
Ils sentit ses ligaments meurtris se détendre, ou alors s'abandonner.
Surpasser la vie.
Était-ce comme cela qu'il allait mourir, la tête dans la boue, étalé sur la terre ?
Repousser ses limites.
Était cela, mourir ?
Résister.
Lune. Il ne fallait pas que Lune le voie dans cet état. Où était Lune, d'ailleurs ?
Survivre...
Il perdit connaissance. Et le visage de Lune flotta dans son inconscience.


Stanislas se réveilla en hurlant, le corps secoué de tremblements incontrôlables et trempé de sueur. Il prit un petit laps de temps pour reconnaître la toile brune qui composait sa tente, pour écouter le grincement des branches secouées par le vent, pour se souvenir qu'il était là où il était, à l'orée d'une forêt à l'Ouest du Japon, près du pensionnat où il allait retrouver celle qu'il aimait.
Avec un soupir soulagé, il se hissa sur ses coudes, et repoussa sa couette (trop fine pour le climat humide du pays du Soleil Levant). Dans quelques heures, ils allaient lever le campement et rejoindre le pensionnat-fantôme pour boucler la boucle et sonner la fin du combat dans lequel il avait été embringué à cause d'une stupide promesse grommelée à un vieil imbécile intraitable.
Des voix lui parvinrent de l'extérieur. Il reconnut sans peine la voix de Maddisson qui grommelait il ne savait quoi, et celle de Trinity, paniquée, qui lui répondait.
Soudain, sans prévenir, une petite tête surmontée d'une touffe de cheveux bruns, courts et ébouriffés fit irruption à côté de lui, et Stanislas sursauta, puis lâcha un rire avant de reconnaître la figure endormie de Foedora et ses yeux gris qui lançaient des éclairs.
- C'est pas drôle, grand frère ! piailla la petite fille. Tu m'as réveillée alors que je dormais bien, parce que t'as crié comme un môme qui pisse encore dans son fut.
- Je suis pas ton grand frère je te dis, soupira-t-il. Et tu es mal placée pour me parler de môme, petite.
- Je suis pas petite j'ai huit ans, espèce de grand crétin, et d'abord Alessandro t'a traité de gosse l'autre jour, et Asahi de tapette, et même que William s'est poilé à m... Mais c'est qu'il m'écoute pas celui-là !
Stanislas, surprit le regard dans le vague et un sourire bienheureux sur les lèvres, tenta de répliquer quelque chose, mais n'en eut pas le temps. Avec une mine malicieuse, la petite fille s'enquit :
- Tu penses à ta mademoiselle ?
- Oui, je pense à ma mademoiselle, répondit-il.
- Elle est plus importante que moi ?
- Bien plus.
- Plus que William ?
- Bieeeeen plus.
- Plus que la Princesse ?
- Alors là, bieeeeeeeeeeeen plus.
- Plus que Asahi ?
- Même pas la peine de parler de cette pouffe, rétorqua sèchement le jeune homme.
- T'es con, elle est canon, fit Foedora en haussant ses petites épaules.
- Évite de répéter les mots d'Alessandro, tu vas finir comme Asahi sinon, s'amusa Stanislas.
- Beurk, minauda-t-elle. Moi je veux finir comme ta mademoiselle, comme ça je te draguerais, parce que tu le sais pas encore, mais c'est MOI la femme de ta vie.
S'apercevant qu'il avait à nouveau le regard tourné vers le vide et un rire béat scotché sur la figure depuis le "Beurk", elle prit sa tête la plus affectée avant de piaffer :
- Mais t'écoute pas ce que les gens te disent ou quoi ? T'es nul, grand frère ! A quoi tu penses ?
Il croisa les bras sous sa nuque.
- Je me demande ce qu'Elle est en train de faire, dit-il tout en gardant les yeux fixés sur un point invisible, et comment Elle se sent.
- Ah l'Amour, enchaîna Foedora en levant les yeux au ciel et en prenant un air blasé, levant la lèvre inférieure.
Après un hésitation, Stanislas tourna la tête vers elle et proposa soudainement :
- Timoty ?
- Gagné.
- T'es vraiment douée pour les imitations, dis-moi.
- Je sais. Bon, je vais aller réveiller Sarah moi.
Elle se redressa légèrement et se releva, adressant un sourire radieux à Stanislas, la fatigue déjà oubliée.
- En fait, tu faisais quoi dans ma tente ? s'enquit-il.
- Hmmm, je sais pas. T'es tellement canon, je te tripotais dans ton sommeil, peut-être...
- T'es dégueulasse, s'amusa-t-il. Je plains ton futur copain.
- Je n'aurais pas d'autre copain que toi... Car tu seras mien un jour, ne l'oublie pas ! clama Foedora, pointant un doigt sur lui d'un air à la fois revêche et sensuel, le menton haut et les sourcils levés, et secouant théâtralement sa tignasse brune.
- Tyna ?
- Gagné. Eh bien eh bien... A tout à l'heure, Steneslav !
- Stene... ? s'interloqua Stanislas, mais la petite fille était déjà partie.
Et Lune occupait déjà son esprit.

William ne put s'empêcher de lâcher un soupir ennuyé en reconnaissant à nouveau les bois limitrophes au campement.
En vérité, il n'était pas ennuyé. Il n'était pas non plus fatigué - il ne l'était jamais. Non, anxieux, voilà ce qu'il était. Anxieux. Anxieux de revoir ce manoir où étaient arrivées tellement de choses, ce manoir où sa vie avait basculé. Ce manoir où il s'était enfin confronté à ce qu'il était vraiment.
Trop de mauvais souvenirs étaient enfermés dans ce bâtiment. Était-ce parce que c'était un lieu maudit par la présence de toutes les dépouilles de la famille Black enterrées ici ? Il demanderait à Sarah. Elle avait vécu ici, après tout...
Ici et là, autour de lui, les tentes se dépliaient et se rangeaient, comme tous les matins de départ. Mais ce matin-là n'était pas un matin comme les autres. C'était le dernier matin de la dernière journée de leur voyage. A l'issue de cette journée, la plupart d'entre eux s'éparpilleraient aux quatre coins du système solaire et essaieraient à leur façon de contrer l'Empire. Ils ne se reverraient peut-être jamais. C'était le dernier jour qui leur restait à passer en commun, et il était sûr que les passions se déchaîneraient.
Un sourire se dessina sur son visage lorsqu'il vit Alessandro passer non loin de là. En parlant de passions...
- Hé, Tailer ! le héla-t-il.
- Salut Davis, répondit d'une voix ensommeillée le jeune homme aux cheveux blancs tout en s'approchant. Ça va ?
Ils frappèrent leur main l'une contre l'autre, avant de se faire confronter leur poing.
- Cool, fit le roux. Alors, tu fais quoi aujourd'hui ?
- Sais pas. Je pense que je vais me prendre une cuite avec Cooper, les Price et Parker. T'en es ?
- Excuse, mais Marcia refuse que je boive trop d'alcool. Je suis d'accord avec elle.
Alessandro lâcha un soupir.
- 'Tain, t'es trop un soumis mec.
William lâcha un petit rire amer.
- Je préfère ma relation avec Marcia que celle que t'as avec Trinity. Qu'est-ce qui s'est passé entre vous d'ailleurs ?
- Trinity ? dit innocemment le Tailer. Mais qu'est-ce que tu racontes comme merde toi ?
- Fais pas le crétin - même si t'en es un -, TOUT LE MONDE sait que tu l'aimes.
- Sérieux ? Tout le monde ? s'inquiéta Alessandro.
- Ouais. Même Néo et Timoty l'ont remarqué.
- Oh putain.
- Tu l'as dis.
- Tu m'excuses Davis, mais j'ai un truc à faire maintenant. Bon, à tout'.
- A tout'.
Le Tailer s'éclipsa en vitesse, et William se retrouva tout seul, assis sur une pierre plate et adossé à un arbre.
Il lâcha un soupir.
Mais, comme l'on avait pas le temps de souffler dans ce campement, Marcia apparut aussitôt, des cernes sous les yeux.
- Saluuuuuut, fit-elle d'un air fatigué.
- Salut.
Elle se laissa tomber à côté de lui, et il glissa un bras sur les épaules de sa petite amie (bien qu'il préférât le terme "partenaire").
- J'suis crevée, ça craint.
- J'avais remarqué. Asahi a foutu sa merde cette nuit ?
- Ouais. Elle a fait que de se plaindre parce que Stanislas repoussait ses avances. Si je m'endormais elle me réveillait pour continuer son speech. Elle soupçonne Stan d'être un dieu du lit. Ça m'a fait marrer alors elle s'est lancée dans un discours enflammé sur son physique, et elle m'a soûlée toute la nuit. Et toi ?
William esquissa un sourire.
- Alessandro m'a proposé une soirée beuverie ce matin et j'ai refusé. Il a eu l'air de me trouver nase.
- Il craint à mort ce type. Il sait très bien que tu tiens pas l'alcool. Et sinon ?
- Ben, tu sais bien, ça fait sept mois qu'on voyage.
- Oui.
Il lança un regard embarrassé vers une feuille d'arbre qui tombait.
- Oh, fit Marcia. Stella ?
- Touché.
- T'inquiète, elle va pas mourir, en tout cas pas complètement. Et puis elle t'a largué, moi je m'en foutrais de ce que cette pouffe devient à ta place. Broie pas du noir tout le temps, tu vas devenir comme Timoty.
Il jeta un coup d'œil reconnaissant vers la jeune femme.
- Heureusement que tu es là. Je sais pas ce que j'aurais fait sans toi.
Elle tourna ses yeux gris vers lui.
- Tu te souviens de ce que nous avions promis sur la falaise, après la mort de Sean ?
- Comment tu crois que j'aurai pu l'oublier ?
- Question rhétorique. Tu ne crois pas qu'il serait temps de l'accomplir ?
William parut surpris. Surpris, non seulement par cette question, mais aussi par l'aspect grave du visage de Marcia.
- Comment tu veux que je tienne ma promesse maintenant ? On ne connaît pas les responsables...
La jeune femme lâcha un soupir, les sourcils froncés.
- Ça ne va pas être agréable pour toi. Mais j'aimerai quand même que tu me racontes en détail ce qui a précédé la mort de Sean.
Le roux se raidit instantanément. Il ouvrit la bouche, puis la referma. Les mots lui échappaient, comme le sang de Sean avait échappé de son corps, lentement et inévitablement.
Finalement, après quelques minutes de silence, il parla.
- Ça a commencé quand on a trouvé Mercenarius et Hunter dans la salle d'entraînement, abandonnés dans un coin de la pièce...

Par un pur hasard, Stanislas s'était retrouvé pour le déjeuner dans la même charrette qu'Alessandro, Trinity, Asahi, Marcia, et William. Il avait l'impression d'assister au repas le plus plombant qu'il avait jamais vu. Si Marcia rayonnait, comme toujours, William affichait un mine sombre, Alessandro ne pouvait s'empêcher d'adresser des regards furtifs et gênés à Trinity qui les lui rendait avec hargne, et, enfin, Asahi ne cessait de le regarder en douce.
Si cela n'avait tenu qu'à lui, il se serait isolé avec William, Marcia et Alessandro. Malheureusement, c'était très mal vu au campement de se lever pour trouver un autre endroit où manger. Si elle apprenait que quelqu'un avait fait cela, elle allait lui remonter les bretelles immédiatement. Le dernier en date sur sa liste de hurlements et de coups était Alessandro (ce qui se voyait à sa joue ornée d'un joli hématome).
Et, à part Marcia qui chantonnait Feel Good Inc de Gorillaz avec toute sa joie de vivre, parfois rejointe par son partenaire pour les couplets, personne ne parlait.
Soudain, Alessandro prit la parole :
- Vous ferez quoi à partir de demain ?
- Quoi on fera quoi demain ? répliqua Trinity.
- Ben...
- J'avais compris, gros bêta. Quelqu'un peut répondre ?
- On retourne au Henswing Palace, répondit William, passant un bras sur les épaules de Marcia.
- Et on enquête sur les meurtres de cyborgs, compléta cette dernière. Et je voudrais retrouver cette Freya. Elle avait l'air d'en savoir un maximum sur ces gens au sang vert...
- J'aimerais bien retrouver Cloud, fit Asahi. Arthur Cloud, ajouta-t-elle devant l'incompréhension des autres, celui qui était à Buenos Aires. Je pense qu'il pourrait nous aider.
- Vous allez me trouver égoïste, lâcha Stanislas.
- Nous sommes tous égoïstes, rétorqua Marcia avec un sourire. Accouche.
- Je m'en fiche de ce que je fais, continua-t-il, mais je reste avec Lune.
Il vit les lèvres Trinity former un simulacre de sourire, et du coin de l'œil aperçut Asahi décrocher un bout de viande d'une cuisse de poulet un peu trop violemment.
- Elle a de la chance celle-là, soupira l'infirmière.
- De quoi ? s'étonna Stanislas.
- D'avoir un type aussi fidèle.
Elle insista très fort sur le dernier mot, et Alessandro fit semblant de s'intéresser aux rainures du bois qui composait le petit habitacle, ce qui n'échappa pas à la cyborg qui ne put s'empêcher de laisser échapper un petit "the unforever had enough" (elle n'était pas romantique pour un sou, et, franchement, même si Trinity était une très bonne amie, ses problèmes sentimentaux étaient simplement géniaux).
- Et toi, Tailer ? fit William.
Alessandro haussa les épaules.
- J'pensais aller faire un tour du côté de Paris ou de Barcelone, voire de Londres. Y avait les Durand, et puis y a des concerts géniaux à Londres que j'ai pas envie de rater.
- Du genre ? s'intéressa Marcia.
- Live their dreams, ou Shame and Torture.
- SHAME AND TORTURE ?! s'exclama-t-elle.
- SHAME AND TORTURE ? s'écria William.
- Le Henswing Palace attendra apparemment, s'amusa Stanislas.
- Un peu qu'il attendra ! fit le roux. Je veux claquer tout mon fric en concerts s'il y a Shame and Torture !
- Vous avez entendu la reprise qu'ils ont fait de Zone Z ? s'enthousiasma Alessandro.
- Ça vaut pas leur Mad, répliqua Marcia. Mais c'est vrai que comparé à la grosse merde qui passe c'est juste de la pure éclate. A propos de merde, t'as entendu Universe de Jane Hill ?
- De la daube.
- C'est clair, ça craint à mort.
Et les trois passionnés de musique continuèrent de parler, tandis que Stanislas, Asahi et Trinity gardaient le silence. Puis, la manieuse de lances lança un appel au-dehors de la charrette en se hissant sur le bord :
- Néo ! Youhou, Néo !
Stanislas n'eut qu'à lever la tête pour apercevoir le jeune homme blond qui, à quelques mètres de là, discutait gaiement avec Gwendoline.
- Raaaah, nan, je veux pas le voir ! râla Trinity en se cachant derrière William.
Alessandro fit comme s'il n'avait pas vu son rival, mais son regard parlait pour lui.
Néo s'approcha, comme si de rien n'était, de la charrette. Il s'apprêtait à dire bonjour lorsqu'Alessandro entra dans son champ de vision.
- Ah, lâcha-t-il froidement. T'es là toi.
- Ça te dérange, Caelestis ? fit son ennemi.
- Trinity n'est pas là ?
- Non, pourquoi ?
- Parfait. Écoute bien, Tailer. Si je te trouve à foutre tes sales pattes sur Trinity, tu vas entendre de mes nouvelles, OK ?
- J'en veux bien tout de suite, de tes nouvelles, alors, le provoqua Alessandro.
Stanislas voulut les stopper, mais Alessandro et Néo s'étaient déjà jetés l'un sur l'autre et se roulaient par terre comme des animaux qui avaient perdu la raison.

- City's breaking down on a camel's back.
They just have to go 'cause they don't know wack
So all you fill the streets it's appealing to see
You wont get out the county, 'cos you're bad and free
You've got a new horizon It's ephemeral style.
A melancholy town where we never smile.
And all I wanna hear is the message beep.
My dreams, they've got to kiss, because I don't get sleep, no..

Windmill, Windmill for the land.
Turn forever hand in hand
Take it all there on your stride
It is tinking, falling down
Love forever love is free
Let's turn forever you and me
Windmill, windmill for the land
Is everybody in?

- What are you singin' ?
Marcia tourna vivement la tête vers Timoty, qui venait de l'interrompre. Elle sourit.
- Feel Good Inc, Gorillaz.
- Ah.
Elle jeta un regard vers la tête fatiguée de Timoty. Si elle ne l'avait pas côtoyé pendant près de sept mois, elle se serait demandé qui était ce type qui craignait, avec un accent parfait, des cheveux en bataille et des cernes impressionnantes. De plus, s'il s'élançait facilement dans des discours sans fin pour démontrer son intelligence et sa culture aux autres, il restait muet devant elle.
Mais cela ne lui semblait pas embêtant. C'était la façon dont il était avec elle, c'est tout. Ils n'avaient pas vraiment besoin de mots qui se comprendre. Eux, qui semblaient si différents, étaient en vérité assez semblables...
- I don't wanna go, dit-il, s'asseyant à côté d'elle, après un silence.
- Me neither, répondit-elle. It's like if it was a dream, you know ? I feel like it's too nice to be real.
- Anyway,it's not like if we're gonna suffer or something. It's just that... Man, I seriously think those fools have melted my brain, grogna-t-il.
- If you had known Sevastian, you'd not have said that, rit-elle. Such a stupid guy... But, you know, he was William's best friend. With Sean. Both dead and both stupid. I don't know what they did to their brains before they, you know, "born"...
- Tch, someone more stupid than Tyna doesn't exist.
- You're right. She sucks.
Ils continuèrent à discuter tranquillement, puis Timoty consulta sa montre.
- Crap ! s'exclama-t-il.
- What ?
- On embarque dans cinq minutes, paniqua-t-il, quittant son mode anglophone.
- Merde, ça craint !
Ils se levèrent précipitamment, et, en quelques secondes, étaient devant la caravane de charrettes. Foedora leur sauta littéralement dessus, et fit tomber Timoty à terre.
- Z'êtes en RETARD ! s'écria-t-elle joyeusement.
- On sait, on sait, fit Marcia avant de regarder la branche de laquelle la petite fille venait de s'élancer. Tu sais où sont William et Stanislas ?
- Dans la troisième, répondit Foedora en se levant. Bon, je vais embêter Sarah moi. Bye !
Timoty s'étant relevé, ils se précipitèrent vers la charrette numéro 3, où ils trouvèrent en effet leurs amis (petits ou grands). Marcia alla, comme à son habitude, se lover contre William, sous le regard presque envieux de Stanislas.
Mais Marcia commençait à bien connaître Stanislas, et savait qu'il n'était pas capable d'éprouver un véritable sentiment de jalousie. Elle se demanda un moment si tous ces petits sentiments insignifiants, il les ressentait, comme eux. Il n'en avait pas vraiment l'air ; il n'y avait que l'amour et l'amitié dans sa tête. Un telle mièvrerie aurait fait bien rire la cyborg si elle n'avait pas trouvé un ami aussi attentif et droit en lui.
En y réfléchissant, William et lui se ressemblaient un peu. Pétris de complexes et pourris de droiture. Torturés et révoltés. Impulsifs parfois et réfléchis souvent. Deux hommes, découvrant le monde, ses injustices, et ses caprices.
Marcia s'attarda sur le physique de Stanislas. Bien qu'elle ne le connaissait pas bien avant le campement, elle se souvenait bien de lui sept mois plus tôt, et il avait plutôt changé. Plus grand, sensiblement plus musclé, une cicatrice fine lui barrait la joue gauche et le dessous de ses avants-bras était rayé de coupures régulières. Ses cheveux, mi-longs et mal coiffés, cachaient presque ses yeux bleu nuit dans lesquels brillait toujours un joie juvénile mêlée de crainte.
Les charrettes se mirent en route l'une après l'autre. Personne n'osait parler. Timoty avait pris son carnet d'écriture et jetait très souvent des pages en boule à côté de lui. William fermait les yeux, prêt à s'endormir, la tête appuyée contre l'épaule de Marcia qui regardait tout autour de ses grands yeux gris métallique. Stanislas plongeait en vain son regard entre les arbres, dans l'espoir d'apercevoir la silhouette du pensionnat.
Ses doigts aux ongles un peu trop longs (la seule personne qui possédait un coupe-ongle potable au campement était Asahi, qui refusait de le donner à Stanislas, car, en échange, elle exigeait... hum, n'entrons pas dans les détails) tapotaient contre le rebord du véhicule, jouant inconsciemment l'air de In the Shadows. Son impatience et son anxiété étaient palpables. Marcia le comprenait. Elle avait éprouvé le même mélange d'appréhension et de culpabilité avant de retrouver William.
Elle mit sa main sur le haut du crâne de son compagnon, l'approchant d'elle, et commença à jouer avec ses cheveux roux, comme par habitude. Timoty ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, ce à quoi elle répondit par un doigt d'honneur. William glissa petit à petit dans un sommeil profond, tandis que l'impatience de Stanislas croissait. La caravane avançait trop lentement. Et plus les minutes passaient, plus ses inquiétudes se multipliaient. Marcia le voyait facilement, à ses sourcils froncés, ses yeux effarouchés et la course de ses doigts qui s'intensifiait.
Pour une fois, Timoty fut le premier à agir. Exaspéré par le comportement coincé de Stanislas, il mit toutes ses forces dans son lancer de gomme, qui atterrit sur le haut de la tête du jeune homme. Stanislas se retourna vivement vers le jeune écrivain, qui le prit par le col, debout, et le força à se lever d'une vigoureuse pulsion. Timoty menaçait son ami de son crayon comme on l'aurait fait avec un couteau.
- Tu m'écoutes attentivement, toi ! murmura-t-il devant les figures ahuries de Marcia et Stanislas. Tu vas pas faire chier et tu vas sortir de cette putain de charrette, tu vas courir droit devant toi sans t'arrêter, et tu vas TROUVER ce PUTAIN de PENSIONNAT et REJOINDRE ta CRÉTINE de COPINE, compris p'tite tête ?
- C-c-c-compris... bredouilla Stanislas.
- PAS UN MOT DE PLUS ! TU SAUTES ET TU COURS !
Et sur ce, Stanislas se retrouva poussé hors de la charrette, se réceptionnant de justesse sur la terre ferme, pieds nus. Aussitôt, il suivit les ordres de Timoty et commença à courir comme un dératé, dépassant aisément toute la caravane qui allait à la vitesse escargot.
Marcia le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue sur-développée. Elle se retourna vers l'écrivain, qui s'était à nouveau installé là où il était quelques instants plus tôt.
- Are you sure it will work ? demanda-t-elle.
- Sure, répondit-il. This guy's handsome and dumb. And his girlfriend seems to be as foolish as he is. He can't ask for more.
- Yeah. You're right. Maybe it's all what love is about.
- What ?
- You know, fit-elle, jetant un regard à William, lovers are fools. Whatever it is they love, people or things, lovers are stupid. It's maybe why you've never been in love.
- Man, I hope I won't be in love, soupira-t-il. It's better to be heartless.
- Yeah, maybe. That's what William thought before he met the others. I just hope Stan will be OK.
- He'll be, répliqua-t-il avec un sourire.
Le silence s'imposa soudain. Marcia considéra le visage endormi de William, et, comme pour s'excuser, elle posa un baiser sur ses lèvres avant d'enlever ses mains pour sortir un petit cahier aussi rouge que son t-shirt, où elle commença frénétiquement à écrire.

Stanilas s'arrêta, même pas essoufflé, même pas coiffé, même pas trempé de sueur, à la lisière de la clairière qui entourait le pensionnat. Il leva la tête vers la bâtisse s'élevant devant lui. Une aura malsaine flottait autour du manoir. Forcément, sans Black à l'intérieur, le pouvoir maléfique de l'ancien château s'activait...
Ravalant sa salive, il serra les poings. Cet endroit, sous la fraîcheur d'un après-midi nuageux, fichait la chair de poule. Et pourtant. Lune était là, quelque part, et son unique désir était de la retrouver. Et ce n'était pas une crétine de pseudo-malédiction qui allait le faire reculer !
Il s'avança prestement vers la porte, et la poussa de sa main droite, laquelle était labourée de cicatrices. Elle s'ouvrit en grinçant légèrement, de concert avec le sifflement du vent à ses oreilles et les battements de son cœur qui ne voulaient cesser.
Mais qui cessèrent pendant une fraction de seconde lorsque la lumière du soleil découvrit Lune, presque effondrée par terre, en pleurs.
- Lu... Lune... fut-il capable de balbutier.
Elle était là. Sous ses yeux. Là. Juste là. Après sept mois. Sept mois qui n'auraient jamais dû exister.
Sans plus attendre, il se rua sur elle, enroula ses bras autour d'elle et la serra de toutes ses forces, enfonça sa tête et ses sanglots dans ses cheveux.
- C'est pas vrai... murmura-t-il. Tu es là... Enfin là... Lune... Lune, je... je... Désolé... J... Je t'aime...
Il l'embrassa.

Retrouvailles

Dans l'univers de leur réalité
Dans le lieu où ils se sont rencontrés
Là où le vent de leur vie s'est levé

Leurs cœurs chantent

A l'amour, à la vie
Ils chantent la liberté à ceux qui la leur ont enlevée
Ils chantent comme ils n'ont jamais chanté
Ils chantent dans leur union
Ils chantent à leurs retrouvailles

Dans l'univers de leur réalité
Dans le lieu où ils se sont rencontrés
Là où le vent de leur vie s'est levé
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Lune sujo
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MessageSujet: Re: Bon retour ...   Bon retour ... Icon_minitimeSam 3 Juil - 16:44

Tout se passa vite. Très vite. La porte s'ouvrit, mais les larmes envahissant ses yeux ne laissait pas Lune voir se qui se passait vraiment. Elle sentit des bras l'enlacer , et la serrer fort, vraiment fort. Une sensation étrange parcourra tout son corps. Une sensation qu'elle n'avait pas ressentit depuis tellement longtemps. Sur le coup de la surprise, les larmes cessèrent. Alors que l'étreinte du garçon se desserrait, elle sentit les lèvres du garçon effleurées les siennes.

STANISLAS

Elle se retourna pour être face à Stanislas, et en le serrant fort dans ses bras à son tour, elle l'embrassa de plus belle. Elle ne voulait pas le lâcher. Si tout ceci n'était qu'un doux rêve, elle voudrait ne jamais s'en réveiller. Elle détachait sa bouche de celle de Stanislas. Elle ne le regardait pas. Elle collait sa tête contre le torse du jeune homme. Et les larmes revinrent. Elle s'agrippait à son T-shirt, de peur qu'il ne s'en aille de nouveau. Elle releva la tête. A bien y prêter attention, il avait un peu changé physiquement : un peu plus musclé, les cheveux plus longs ... Elle passa sa main dans la mèche de cheveux qui lui masquait les yeux. Ses yeux, e regard ... eux n'avaient pas du tout changé.

Elle passa ses bras autour de sa taille, et resta contre lui le temps de reprendre ses esprits. Elle avait du mal à y croire. Elle avait attendue longtemps, si longtemps... et il avait disparu sans la prévenir... Tout cela semblait tellement irréelle. Lune se dégagea un instant de son étreinte pour ainsi essuyer ses yeux encore au bord d'une nouvelle crise de larmes.


- Enfin... Enfin... Bredouilla-t-elle, la tête baisser
Elle releva la tête repris en tentant de faire un effort de ne pas avaler ses mots :

- Je t'ai attendu... Je t'ai... Où tu étais passé ? Je t'ai attendu longtemps... Je... Je...

Elle inclina la tête de nouveau. Elle ne pouvait pas s'exprimer dans ces conditions là. Elle resta donc silencieuse...
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MessageSujet: Re: Bon retour ...   Bon retour ... Icon_minitimeJeu 19 Aoû - 15:30

- Cela me semble plausible. Vous voulez dire que Stanislas est dépendant de quelque chose ?
- Je dirai plutôt de quelqu'un. Ce quelqu'un, vous en avez entendu parler, c'est Lune. Il souffre chaque jour un peu plus de son éloignement. Son âme s'effrite peu à peu sans elle. Voyez ses yeux sans éclat, qui maudissent l'aube lorsque la nuit se retire, qui reprochent au soleil de ne pas ressembler plus à sa compagne nocturne ! On l'a amené dans la lumière, lui qui n'aspire plus qu'à l'ombre. Pourquoi cela ? Pour une fichue prophétie dans laquelle il est traîné contre sa volonté ! Et pour sauver qui, pour défendre quoi ? Le monde ! Le monde ! Croyez-vous qu'il apprécie, maintenant, ce monde qui le sépare de l'âme aimée ? Qui l'en fera peut-être détester ? Dumas disait que l'amour était la plus égoïste des passions, et je connais peu de gens qui pourraient dire le contraire. Qu'est-ce que le monde, comparé à l'autre ? Pouvez-vous me le dire ?
- Vous lisez donc Alexandre Dumas ?
- Oui, mais... Ce n'est pas le sujet, pas vrai ?
- En effet. Eh bien, on dirait que William a encore battu Stanislas.
- Ah ! Je vous disais bien que William était meilleur. Il le bat sur TOUS les points !


Les yeux d'Artémis pétillèrent de joie lorsqu'elle arriva à se hisser sur le rebord de la fenêtre qui donnait sur le hall, les pieds soutenus par les mains de Dan, et elle lui communiqua mentalement ce qu'elle voyait :
"Ils sont là tous les deux !"
"Qui, tous les deux ?" répondit Dan.
"Ben Stanislas et sa copine, niguedouille !" rétorqua-t-elle.
"Oh ! Oh ! Ils font quoi ?"
"Stan chiale et sa copine aussi. Ils s'embrassent. Putain, j'ai jamais vu un truc aussi cucul depuis le bouquin tout pourri de vampires qui est sorti au vingt-et-unième siècle !" s'exclama-t-elle.
"Sérieux ?"
"Sérieux. Mais tu l'as pas lu ce livre, toi, c'était presque deux millénaires avant que tu naisses, ducon !"
"Il la pelote au moins ?" soupira Dan.
"Ah, parce que tu crois que Stanislas c'est Alessandro ? Si tu voulais du cul, fallait coincer Trinity et Alessandro ensemble pendant une nuit dans la même pièce. Mais là, on parle de Stan ! C'est encore un puceau, et il le restera, c'est moi qui te le dit : ce genre de mec ça a pas de couilles, comme Louis XIII. Et puis beurk, quoi ! J'aurais l'impression de voir mon frère coucher avec une inconnue pour la deuxième fois !"
"Parce que ça t'es déjà arrivé ?" s'offusqua-t-il. "Ma pauvre !"
"Ouais, enfin n'empêche s'il se passe rien on sera allé jusqu'ici pour rien."
Elle tourna sa petite tête vers son ami, et, d'un sourire goguenard, elle dit (toujours par le biais d'une connexion mentale) :
"Envie de foutre la merde ?"
"Et comment !"
"Bon on sort vite hors de la barrière alors, y a le pouvoir de la duchesse qui m'empêche de réfléchir."
Elle sauta souplement à terre, sans que ses pieds nus ne produisent le moindre son, et fit quelques pas. Aussitôt, une pression spectaculaire sembla s'enlever de ses maigres épaules et elle respira à pleins poumons.
- L'air est tellement plus frais ici, c'est dingue !
Dan s'avança vers elle, mais ne distingua de changement d'aucune sorte. Voyant qu'il faisait une tête dubitative, elle lui dit :
- Bah, ton âme est trop jeune encore !
- Forcément, toi t'es morte en... euh... en...
- Le 6 janvier 1648, répondit-elle du tac au tac.
- Bon, c'est quoi ton plan pour Stan et sa chérie ?
- Ben on entre, genre grand sourire et tout, et puis on fait un truc genre : "Oh, Stan il chialeeeeeuh ! Ha ha ha ha !" Tu vois ?
- Bon ben on y va, alors...
Ils contournèrent donc le côté du bâtiment où était la fenêtre à laquelle Artémis avait joué les voyeurs, et s'acheminèrent, sautillant presque, vers la porte d'entrée. Alors qu'ils allaient se diriger vers le perron, un beau cheval andalou arriva de la forêt à toute vitesse, monté par une jeune femme aux cheveux blonds mi-longs, et aux immenses yeux bleu ciel, qui arborait un air de triomphe certain, piquant sa monture pour la stimuler encore plus.
Artémis et Dan, reconnaissant avec horreur Mélodie, s'écartèrent aussitôt de son chemin de peur de se faire écraser par cette cavalière, certes exceptionnellement douée dans cette activité, mais qui faisait peu de cas de ce qu'elle piétinait.
Mélodie se retourna soudain, lâchant momentanément les rennes, et adressa un bras d'honneur derrière elle.
- VAS-Y, RATTRAPE-MOI MAINTENANT, LE VIOQUE !
Cette phrase, prononcée par des lèvres pourtant si délicates, fixèrent les deux amis sur la personne à qui elle parlait, et regardèrent avec stupéfaction Bill précéder la blonde, les narines dilatées et la fureur de la honte sur le visage. S'ils ne l'avaient jamais vu comme ça, Artémis était en tout cas très jalouse de ne pas être celle qui l'avait rendu hors de lui la première. Mais bon, à la guerre comme à la guerre, son cerveau fertile n'allait pas manquer de trouver une réponse adaptée à cet affront.
Soudain, Dan tourna violemment la tête vers l'entrée du manoir, que venait de passer Mélodie en enfonçant quasiment la porte dans la course de son cheval (peut-être était-ce fait exprès ?), puis ils entendirent les sabots de la monture crisser sur le sol alors qu'ils s'arrêtaient.
- GAAAAAAAGnnnnnnééé ? Stan, c'est toi ? fit la voix de la jeune femme.
- M--m-m-m-m-m-mélodie ? bafouilla celle de Stanislas, pleine de sanglots refoulés.
Artémis imagina avec délice la tête surprise et sûrement honteuse du jeune homme devant l'apparition spectaculaire de la blonde.
A ce moment-là, Bill sauta légèrement de son cheval, juste avant que celui-ci ne tombe par terre d'épuisement. Du sang sortait de ses naseaux, ce qui statua tous les témoins de la scène sur l'état de la pauvre bête.
- Pfff, encore un de crevé ! murmura Bill en secouant ses cheveux humides. Hep, Mélodie, j'en ai tué un autre ! Mélodie, tu m'entends ?
Comme il n'obtenait pas de réponse, il passa sa main sur son front trempé de sueur, et marcha en grognant jusqu'à la porte du hall, dont il trouva le centre enfoncé, ce qui lui permit d'entrer sans avoir à pousser la porte.

Stanislas, voyant avec horreur apparaître la tête de Bill, un homme d'une cinquantaine d'années aux cheveux blancs et aux yeux rouge pétant, et en ce moment au visage écarlate par l'effort, se releva précipitamment, en entraînant Lune avec lui et en passant un bras nerveux autour de ses épaules. Il n'eut cependant pas le temps d'essuyer ses larmes, qui avaient cessé de couler quand Mélodie avait fait irruption dans le hall.
Cette dernière était toujours bouche bée, et la chose chose qu'elle arrivait à faire était de tenter de maîtriser son cheval trop excité pour s'arrêter ainsi.
Un silence gêné s'installa, tandis que la tête surmontée d'une coupe afro d'Artémis et celle, rousse, de Dan, se faufilèrent dans le trou de la porte. Stanislas décida de la briser en bégayant :
- Hm... Lune, je... je te présente Mélodie Caelestis, c'est, euh...
Il pensa très fort "Une imbécile sadique et chiante que j'ai dû supporter pendant sept mois", mais pas assez fort pour que la pensée devienne parole, et ce fut l'intéressée qui, sortie de sa stupéfaction pétrifiante, compléta elle-même avec un sourire :
- La cousine du type qui a fait semblant de poutrer Stan, William et Yan - bref, le petit copain d'Angelina Black. Enchantée.
Elle arqua machinalement sa bouche d'un joli sourire hypocrite, et Stanislas, ne pensant pas que rajouter quelque chose serait de très bon goût, continua sa présentation en se tournant vers Bill, dont la figure avait retrouvé sa couleur normale.
- Et c'est... euh... le professeur Bill Ashley-Tailer-Stormwalker, mon... euh... connard de maître...
- Ton "Maître Vénéré", ducon ! le coupa le "vioque" en s'avançant vers lui d'un air menaçant. Et d'abord, répète mon nom de famille, pour voir !
- Ben... bafouilla le jeune homme, sa voix de plus en plus faible. Ashley-Tailer-Stormwalk...
- Plus haut, crétin !
Stanislas se mordit la lèvre et serra son poing libre, ainsi que sa main droite qui reposait sur l'épaule de Lune, et Artémis et Dan redoublèrent de trépignements silencieux et immobiles ("Tout dans les yeux !").
- Ashley-Tailer-Stormwalker, dit-il d'un ton mesuré, bien que l'on sentait un tremblement de fureur presque palpable dans sa voix.
- COMMENT ?! hurla le professeur. MOI, UN STORMWALKER ?!
Voyant que les choses s'échauffaient, Mélodie sauta souplement sur le sol que son cheval andalou piétinait nerveusement depuis tout à l'heure, dans l'intention d'empêcher Bill de faire ce qu'il appelait son "devoir de professeur", mais trop tard : ce dernier avait déjà décoché une baffe monumentale à son élève.
"Ouaaah le soufflet !" s'exclama mentalement Artémis.
Dan la regarda de travers, ne sachant pas exactement ce qu'était un soufflet.
A ce contact, le blanc des yeux de Stanislas vira au même bleu que celui de ses iris, et ses pupilles peinaient à garder leur noir naturel. Il ramena aussitôt sa main devant son visage, et souffla à Lune d'une voix étrangement rauque (alors que Mélodie empêchait Bill de faire davantage de dégâts, le retenant en arrière en lui passant les bras sous les aisselles et en serrant aussi fort que possible, tandis qu'il agitait vainement les jambes) :
- Désolé, Lune... Tu vas devoir t'éloigner...

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